« La pénibilité physique était trop forte » 4

témoignage pénibilité au travail

Le témoignage de Benjamin, qui occupait un poste à forte pénibilité physique et subissait un management inapproprié

« J’ai occupé pendant deux ans un poste d’employé dans la grande distribution. Mon travail consistait essentiellement à ranger des produits dans les rayons du magasin.

 

C’était un travail pénible physiquement

C’était un travail pénible physiquement, avec beaucoup de manutention et des horaires difficiles : je commençais tous les matins à 6 heures, samedi y compris, et travaillais un dimanche sur deux. Je n’avais jamais deux jours de repos consécutifs. Mes congés et mes jours de repos m’étaient imposés, et j’avais l’impression de toujours récupérer les plannings de travail les plus fatigants alors que d’autres collègues étaient mieux lotis.

 

La fatigue et les douleurs se sont installées

Après ma prise de poste, des douleurs importantes, notamment au niveau des cervicales et du dos, sont apparues rapidement, ainsi qu’une fatigue constante. Je suis devenu également irritable, que ce soit au magasin ou chez moi. Lorsque je rentrais à la maison l’après-midi après le travail, j’étais fatigué et devais faire la sieste pour récupérer un peu.

 

Je n’étais plus disponible pour ma famille

Je n’étais pas disponible pour ma compagne et les enfants. Leurs jeux et leurs bavardages m’agaçaient. Je ne supportais pas que les enfants fassent du bruit le matin en se préparant pour l’école lorsque j’avais un jour de repos et que je pouvais dormir un peu le matin. Nous ne pouvions jamais partir tous les quatre en week-end ou prévoir des activités ensemble.

 

Les méthodes de management n’arrangeaient rien

Le mode de management rendait les conditions de travail encore plus dures à supporter. Mes supérieurs exerçaient une pression permanente sur les employés du magasin, nous demandant d’aller toujours plus vite et ne laissant passer aucune erreur. Je me sentais rabaissé et infantilisé en permanence par les remarques désobligeantes des responsables du magasin.

Il n’existait aucun espace de dialogue ou de liberté au sein de l’entreprise, que ce soit avec les managers ou entre salariés. Nous n’étions pas autorisés à discuter entre collègues dans les rayons tout en travaillant.

Un seul retard de 10 minutes le matin et je recevais un avertissement par lettre recommandée.

Cette ambiance de travail dégradée et cette tension constante accentuaient le risque d’accident du travail.

 

Je travaillais malgré les douleurs

J’aurais sans doute eu besoin de me faire arrêter pour me reposer mais les responsables nous faisaient comprendre en nous culpabilisant que nous ne pouvions pas être absents sans mettre le magasin en difficulté, n’ayant personne pour nous remplacer. C’est ainsi que, lorsque je me suis cassé un doigt, je suis retourné travailler malgré la douleur après deux semaines d’arrêt maladie alors que le médecin m’avait arrêté deux mois.

 

J’ai dû abandonner mon poste

Au travail, mon irritabilité due à la fatigue physique et mentale se traduisait par des conflits réguliers avec mes supérieurs. Un jour, alors qu’un responsable avait tenu des propos particulièrement désagréables avec moi, j’ai préféré partir plutôt que d’en venir aux mains. J’ai fait un abandon de poste pendant trois semaines. Au bout de ces trois semaines, alors que ma situation financière devenait difficile, je suis finalement revenu au magasin et ils ont accepté de me reprendre.

 

J’ai trouvé un nouveau poste moins fatigant et un chef qui me fait confiance

A partir de là, j’ai commencé à chercher du travail ailleurs. Après avoir envoyé un certain nombre de candidatures, j’ai finalement été embauché dans une nouvelle entreprise, avec un travail du lundi au vendredi et des horaires normaux. Cela a été un gros soulagement de pouvoir disposer à nouveau de mes week-ends et de ne plus être obligé de me lever tôt le matin. J’ai pu à nouveau profiter de ma vie de famille et retrouver un rythme de vie plus équilibré.

Trois ans après, j’occupe toujours ce poste. J’apprécie en particulier de ne plus être sous le contrôle permanent d’un responsable : mon patron actuel me fait confiance et j’organise désormais mon travail comme je l’entends. »

Benjamin

Note du Petit Néo : si comme Benjamin vous souhaitez partager une expérience professionnelle difficile, écrivez-nous à redaction@lepetitneo.fr et lisez toutes nos instructions pour la rédaction de votre témoignage.

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4 commentaires sur “« La pénibilité physique était trop forte »

  • Philippe

    La pénibilité physique reste sous-estimée. Pas étonnant que l’on ait du mal à recruter dans ces métiers ! Moi-même je dois travailler en extérieur même lorsque les températures sont extrêmes, sans que personne ne s’en préoccupe. La moindre de nos demandes pour améliorer un peu le quotidien est refusée, ça joue sur le moral de se sentir moins que rien.

  • Alka

    Votre témoignage m’a beaucoup touchée. On n’imagine pas toujours ce que certains endurent. Quand on croise quelqu’un dont le métier est très physique, on se dit bien sûr que cela doit être difficile mais on n’imagine pas à quel point cela peut affecter le moral. J’espère que allez parfaitement bien désormais.

  • Corinne

    Vous avez eu de la chance de pouvoir trouver la force de chercher un nouvel emploi ! Merci pour ce témoignage, j’espère que depuis votre santé s’est améliorée/

  • Patrice

    Dans mon entreprise de BTP les exemples sont similaires. On cumule emploi très physique et mode de management dramatique. Comme pour vous, il y a des incidences sur le moral et la vie de famille. COmme d’habitude les ouvriers sont les grands oubliés!