Souffrance au travail : quand s’alarmer ? 5

souffrance au travail

La souffrance au travail est malheureusement une réalité. Mon collègue est-il en danger ? quels sont les signaux d’alerte qui doivent m’inquiéter ?

 

Repérer un salarié en souffrance : c’est l’affaire de tous !

Depuis une série de drames dans des entreprises françaises, la sensibilisation sur les risques psychosociaux fait son chemin : peu à peu, les entreprises prennent conscience des enjeux et se lancent dans des démarches de prévention. Mais la souffrance au travail est l’affaire de tous : nous devons veiller chacun à notre propre santé au travail et être vigilants en regardant autour de nous : la personne que nous côtoyons tous les jours au bureau est-elle en danger ?

Certaines personnes, pourtant en difficulté, ne s’engagent pas dans la démarche de consulter le Médecin du Travail. Il est par conséquent important que chacun détecte autour de lui les signaux mettant en évidence un présumé mal-être chez ses collègues.

 

Soyez attentif(ve), sans juger

Nous négligeons parfois, sans le vouloir, la souffrance des autres. Parfois parce que nous sommes déjà trop absorbés par nos propres tâches et pensées. Parfois aussi parce que nous la minimisons.

Lorsque l’on perçoit que son collègue va mal, on peut ainsi avoir tendance à réagir de manière automatique en se disant par exemple :

  • « elle se plaint tout le temps »
  • « il est responsable de ce qui lui arrive »
  • « Elle fait toute une histoire de pas grand-chose »
  • « Ce sont ceux qui en font le moins qui se plaignent le plus ».

Malheureusement, c’est ainsi que l’on passe à côté de la souffrance des autres. Le jugement immédiat nous fait oublier que l’important est le ressenti de la personne : que la personne soit fautive ou pas, par exemple, elle a un véritable ressenti de souffrance. Il est donc dommage de le balayer aussi facilement.

Pour détecter une personne en souffrance, il convient donc d’abord d’abandonner les préjugés et le jugement.

 

Attention particulièrement aux personnes isolées

Les personnes qui sont exclues ou qui s’excluent de l’équipe sont souvent les plus en danger. En effet, elles se replient sur elles-mêmes, n’expriment plus leur mal-être et font face à un fort risque de dépression.

Regardez autour de vous. Tout le monde est-il bien intégré à l’équipe ? ou une personne est-elle un peu à l’écart, quelle qu’en soit la raison ?

Vous pourrez être plus particulièrement attentif avec cette personne et, si nécessaire, pourrez aller vers elle, l’orienter et l’aider.

 

Quand s’inquiéter ?

Les signaux d’alerte peuvent être de natures différentes. Vous devez notamment vous inquiéter si votre collègue a changé récemment de comportement, ou si des éléments de contexte peuvent laisser penser qu’il serait particulièrement vulnérable.

 

Veillez aux changements de comportement

Vous avez pu constater que votre collègue a récemment changé de comportement. Vous ne le reconnaissez plus.

Par exemple, vous avez remarqué depuis quelque temps qu’il manque d’enthousiasme. Tout semble le lasser voire ne pas l’intéresser.

Vous pouvez aussi avoir noté que votre collègue fuit de plus en plus les réunions ou les moments de convivialité où se retrouve l’équipe. Il ne s’est pas joint à vous lorsque vous avez fait un pot pour la réussite du dernier projet ? Il est peut-être en train de s’exclure peu à peu du groupe et entrer ainsi dans la catégorie à forts risques.

Soyez également attentif(ve) si votre collègue devient de plus en plus irritable, s’il change souvent d’humeur. Egalement s’il n’arrête pas de se déprécier.

Et n’oubliez pas de le regarder : n’a-t-il pas perdu beaucoup de poids en peu de temps ? Ou au contraire rapidement grossi ? Cela peut aussi être le signe d’un mal-être.

Tout comme une augmentation de sa consommation de cigarettes ou de café : que se passe-t-il ?

 

Votre collègue ne travaille plus aussi bien

Un changement dans l’accomplissement du travail doit également vous alerter. Posez-vous par exemple des questions s’il vous semble que désormais votre collègue :

  • a des difficultés à prendre des décisions,
  • est particulièrement lent ou au contraire agité,
  • travaille de manière désorganisée,
  • ne parvient plus à se concentrer,
  • a un raisonnement souvent mal construit,
  • est toujours négatif quel que soit le sujet,
  • ne parvient plus à se concentrer,
  • a des arrêts maladie de plus en plus fréquents…

 

 

Attention également aux changements de contexte

Certains changements de contexte peuvent être déstabilisants pour certains membres de l’équipe. C’est donc lorsque le changement intervient que le danger peut être le plus grand : soyez plus vigilant(e) à ce moment-là.

Ces changements peuvent être de plusieurs ordres :

  • un changement d’organisation du travail ;
  • l’arrivée ou du départ d’un agent ;
  • une surcharge de travail ;
  • l’utilisation d’un nouvel outil ;
  • l’absence d’un membre de l’équipe ;
  • un conflit qui a éclaté au sein de l’équipe.

C’est en effet dans ces moments de changement qu’un équilibre peut être rompu et qu’un membre de l’équipe peut se retrouver déstabilisé.

 

En résumé : ouvrez l’œil !

Votre employeur est responsable de la préservation de la santé de tous ses salariés. Mais vous avez également votre rôle à jouer, vous qui êtes au quotidien à proximité de vos collègues. Savoir détecter les personnes en souffrance, le plus en amont possible, permet de les orienter et de les aider, et d’éviter des problèmes de santé profonds ou des drames irréversibles.

Le Petit Néo

Cet article a été rédigé en collaboration avec le cabinet de prévention des risques psychosociaux (RPS) Nouvelle Heure.

 

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5 commentaires sur “Souffrance au travail : quand s’alarmer ?

  • Marie-Sophie

    Il est difficile de savoir à quel point une personne va mal. Certes ces conseils sont bons et de bon sens mais on passe parfois à côté d’un vrai mal être, ce qu’on a d’ailleurs soi même du mal à gérer quand on s’en rend compte tellement on s’en veut…

  • Hadda

    Nous avons signalé un de nos collègues qui est en dépression et qui nous inquiète. Malheureusement rien ne change, la direction ne fait rien et j’ai l’impression que le médecin du travail n’a pas aidé non plus. Au final on se sent très seuls face au malaise de nos collègues et on ne sait pas quoi faire.

  • Véronique

    C’est vrai que l’on est pris par le boulot et qu’on passe parfois à côté de quelqu’un qui n’en peut plus. SI l’on faisait plus attention les uns aux autres il y aurait sans doute moins de drames ou en tout cas on interviendrait avant qu’il soit trop tard.