« Mon rythme de travail était trop épuisant » 1

témoignage épuisement au travail

Le Témoignage de Pierrick sur son rythme de travail infernal.

« En rejoignant cette société, je pensais avoir trouvé l’entreprise qui allait me donner l’opportunité de grandir professionnellement tout en m’épanouissant au travail. Ayant eu un très bon feeling avec l’équipe de direction lors du processus de recrutement, j’avais vraiment envie de m’investir à fond dans cette entreprise.

 

Je n’ai pas compté mes heures

Arrivé plein d’entrain, je n’ai pas compté mes heures pour être certain d’être à la hauteur des exigences de l’entreprise. Connaissant déjà très bien ce métier de chargé de production, j’ai rapidement suggéré des améliorations dans les processus afin de gagner en efficacité et d’aider l’équipe de direction dans le développement de l’activité de l’entreprise. Les résultats de mes efforts se sont vite manifestés : de nombreux clients satisfaits grâce à une qualité irréprochable et des délais de livraison respectés.

 

J’avais besoin de ce travail pour vivre

Si ma hiérarchie ne tarissait pas d’éloges sur mon travail, je ne pouvais pas relâcher mes efforts pour autant. J’avais en effet bien noté qu’il était demandé à chaque salarié de se justifier systématiquement sur la moindre erreur commise. En outre, j’avais noté que les salariés qui ne donnaient pas satisfaction étaient vite poussés vers la sortie. Or j’avais besoin de ce travail pour vivre car j’étais seul à subvenir à mes besoins.

 

Je commençais à fatiguer

Pourtant, je commençais à fatiguer en raison des horaires à rallonge et du rythme intense de travail. Au bout de quelques mois, j’ai émis le souhait de voir ma charge de travail allégée, mais mes responsables m’ont indiqué qu’en tant que cadre au forfait jours, c’était à moi de m’organiser pour rester dans des horaires de travail acceptables.

 

Le rythme de travail s’est accentué

On m’a ensuite confié de nouvelles tâches, tout en me demandant en parallèle de continuer à assumer mes missions initiales. Par la suite, le rythme de travail n’a pas cessé de s’accentuer avec l’arrivée de nouveaux clients. Chaque jour, il fallait répondre en parallèle aux multiples demandes des clients, aux nombreux mails de prestataires, aux questionnements des directeurs et des collègues, tout en respectant des délais tous plus urgents les uns que les autres et en maintenant un niveau de qualité irréprochable.

 

J’étais épuisé mentalement et physiquement

J’ai continué à serrer les dents en prenant sur moi. J’ai dû abandonner mes activités extraprofessionnelles car je ne sortais jamais assez tôt le soir pour m’y rendre. Quand je quittais le bureau, j’étais épuisé mentalement et physiquement par la course effrénée que j’avais dû mener tout au long de la journée et je n’avais qu’une envie : manger et comater devant la télévision. Souvent, je n’avais pas eu le temps de prendre une vraie pause-déjeuner dans la journée et je maigrissais à vue d’œil.

Le médecin que j’ai consulté en raison de ma fatigue a voulu m’arrêter mais j’ai refusé : j’aurais eu trop de travail à rattraper à mon retour.

 

Rien ne changeait vraiment

Je n’étais pas le seul dans cette situation. D’autres salariés de l’entreprise étaient soumis à la même pression. Régulièrement, nous tirions la sonnette d’alarme, individuellement ou collectivement. Tout en nous reprochant notre manque d’organisation et d’efficacité, la direction mettait alors en œuvre de petites améliorations provisoires, mais rien ne changeait vraiment.

 

Je ne savais pas comment m’en sortir

J’ai tenu deux ans à ce rythme. J’étais conscient que cette situation n’était pas normale mais je ne savais pas comment m’en sortir. Régulièrement, lors des nuits sans sommeil où je pleurais d’épuisement et d’énervement, je prenais la décision de démissionner.

Heureusement, je n’ai pas eu à en arriver là : une porte de sortie s’est ouverte subitement, et j’ai pu m’y engouffrer pour partir dans des conditions financières acceptables, la tête haute.

L’expérience est désormais derrière moi mais j’en garderai des séquelles pendant longtemps, et je me suis fait la promesse de ne plus jamais donner autant à un employeur, quel qu’il soit ».

Pierrick

Note du Petit Néo : si comme Pierrick vous souhaitez partager une expérience professionnelle difficile, écrivez-nous à redaction@lepetitneo.fr et lisez toutes nos instructions pour la rédaction de votre témoignage.

 

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Commentaire sur “« Mon rythme de travail était trop épuisant »

  • Armelle

    C’est aussi ce que j’ai appris avec l’expérience : ne jamais donner plus à un employeur que ce qu’il nous donne. Le « zèle » n’est jamais reconnu, donc jamais récompensé. Dommage, mais c’est ainsi, à moins de tomber sur des personnes vraiment exceptionnelles.