Le feel good manager : simple mode ou réelle avancée ? 2

feel good manager

Concept né il y a quelques années dans la Silicon Allee berlinoise, le métier de feel good manager – ou manager du bien-être en français – commence à intéresser les entreprises françaises. Quelles innovations cette nouvelle fonction apporte-t-elle réellement en matière de bien-être au travail ?

 

Sa mission : œuvrer à l’épanouissement de chaque salarié

Le concept de feel good management est inspiré des méthodes développées par les start-up américaines de la Silicon Valley telles que Google visant à favoriser une atmosphère conviviale et détendue, propice à l’épanouissement et à l’esprit d’équipe : boissons et nourriture gratuites, consoles de jeux, salle de repos, etc.

La dénomination de « feel good manager » (FGM) en tant que telle a fait son apparition il y a quelques années chez nos voisins allemands qui, touchés par le manque de main-d’œuvre qualifiée, se sont vus contraints de faire preuve d’innovation pour attirer et retenir les bons éléments. Le feel good manager est ainsi devenu en quelques années la dernière profession à la mode de l’autre côté du Rhin, particulièrement au sein de startups cherchant à préserver l’état d’esprit et le sentiment d’appartenance de leurs débuts.

 

Un métier au service de la motivation et de la productivité

Le métier de feel good manager, appelé aussi parfois « chief happiness officer », ne se limite pas à organiser des événements permettant de partager des moments de convivialité entre collègues mais vise avant tout à mettre en œuvre les conditions du bien-être des salariés en entreprise afin de favoriser motivation et productivité.
Ainsi, si certaines entreprises ont choisi d’investir dans le bien-être de leurs employés en recrutant un feel good manager, ce n’est pas par pur altruisme mais parce que cette nouvelle fonction leur permet de gagner en efficacité et en rentabilité. En participant à la mise en place de meilleures conditions de travail, ce nouveau poste faciliterait également le recrutement, l’intégration et la fidélisation des nouvelles recrues, notamment celles issues de la génération Y, très attachées à l’ambiance de travail et à la reconnaissance.

 

Une fonction transverse aux contours mouvants

Les tâches assignées au feel good manager recouvrent des domaines divers : mise en place de solutions de type conciergerie permettant de libérer les employés de leurs contraintes logistiques, aménagement des bureaux, communication interne et externe, participation à l’amélioration de l’organisation de l’entreprise, apaisement des conflits, accompagnement des changements, team building, etc.

Si une formation au feel good management est déjà proposée par une école de Stuttgart, il n’existe pas un profil type pour le moment pour exercer ce métier récent, aux contours encore flous. Les missions du feel good manager nécessitent en effet un savant mélange de compétences en ressources humaines, management, communication, organisation d’événements, psychologie, etc. Le feel good manager doit par ailleurs être à l’écoute des salariés et bien connaître la culture d’entreprise.

 

Un remède efficace aux risques psychosociaux ?

Alors que les cas de burn-out se multiplient dans les entreprises françaises, nommer un feel good manager dans son entreprise est-il suffisant pour prévenir l’apparition de risques psychosociaux ?

La réponse est évidemment non pour Thierry Fourquet, le fondateur du cabinet Nouvelle Heure spécialisé dans l’épanouissement au travail : « Le feel good manager ne peut pas porter seul la responsabilité d’une telle mission. La prise en compte des RPS nécessite en effet une démarche globale de prévention, qui ne peut aboutir avec succès que si l’ensemble des acteurs de l’entreprise y participent : Direction, RH, représentants du personnel, management et médecine du travail. ».

Néanmoins, selon Thierry Fourquet, « l’apparition de ce nouveau métier présente au moins l’avantage de mettre en évidence l’influence du bien-être au travail sur la motivation des équipes et les résultats obtenus. ».

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2 commentaires sur “Le feel good manager : simple mode ou réelle avancée ?

  • Tristan

    Oui, je suis d’accord qu’il est bon de se sentir dans une ambiance conviviale et ‘attentionnée’ au sein d’une entreprise, mais un massage ou un peu de chocolat n’ont jamais réglé les problématiques profondes et récurrentes.
    Je suis d’accord avec Sandrine, les RH doivent accompagner au plus près les employés, et ne pas réaliser pansements sur pansements mais soigner la blessure dès son apparition !!

  • Sandrine

    Mais n’est-ce pas justement le rôle des ressources humaines ??? Il serait temps que les RH se réveillent et remplissent pleinement leurs missions !!