Patrons handicapés, homos ou enfants d’immigrés : leur différence est une force

force de la difference

force de la differenceLa diversité et l’acceptation des différences au sein des entreprises sont de plus en plus promues comme des éléments de justice sociale et de performance. Mais si l’on évoque surtout ces sujets à propos des collaborateurs, notamment pour éviter les discriminations, on oublie bien souvent les chefs d’entreprise. Or ceux qui ont un parcours non conventionnel et une « différence » ont su en faire une force au service de leur entreprise.

Le sociologue Norbert Alter a notamment porté sa réflexion sur ces patrons atypiques. Pour lui, « Rencontrer ces managers handicapés, homosexuels, enfants d’immigrés, autodidactes ou femmes amène à mieux comprendre que la différence peut être une force. Parce qu’ils ont été stigmatisés pendant leur jeunesse, parce qu’ils ont été considérés comme étant porteurs de tares, ils ont développé une vision acérée sur le monde qui les entoure. […] Ils ont surmonté les obstacles sociaux mais gardent la blessure de leur origine. » (Liaisons sociales, avril 2014).

Comment leur différence change-t-elle la façon de diriger une entreprise ? Selon le sociologue, « Le fait qu’ils soient différents les amène en permanence à concevoir leur position professionnelle comme non légitime. Ils ont une capacité plus forte que les autres à se remettre en question, à donner le meilleur d’eux-mêmes. Et surtout à prendre des décisions non conventionnelles. »

Dans son ouvrage La force de la différence, Norbert Alter détaille les « forces » de ces dirigeants atypiques.

  • Ils seraient capables d’inverser leur destinée sociale en convertissant leurs différences en force.
  • Leur position marginale leur confèrerait une forte capacité d’innovation.
  • Ils prendraient plus facilement des risques (ils n’ont « rien à perdre ») et ont un fort goût de l’effort.
  • Leur distance à l’égard des normes sociales renforcerait leur capacité de réflexion.
  • Ils rebondiraient plus facilement après une épreuve en « transférant la violence des traumatismes en énergie créatrice ».

Voilà donc un autre regard sur les différences, pour développer notre compétence collective.

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